Parc des Bécauds


Le lieu-dit des Bécauds se situe à 2,5km au nord-est du bourg de Neuilly. Ce domaine est la propriété de la commune depuis 1916. Il lui fut céder par Mlle Cécile Menton, à sa mort, seconde et dernière compagne de Georges Gallay, maire de Neuilly, conseiller général du canton du Donjon, bourgeois, avocat et républicain du XIXème siècle.


Il se compose de la ferme bourbonnaise typique du milieu du XIXème siècle, d'une maison bourgeoise dit "le Château", d'un lavoir, d'un parc boisé dans lequel se trouve le tombeau de l'ancien propriétaire et du stade de football.

Le Château des Bécauds

La construction de cette maison bourgeoise est due à Georges Gallay en 1849. Elle était composée à l'époque de 8 pièces en bas et de 7 à l'étage, le tout desservi par un couloir central.


Le rez-de-chaussée était décoré par des cheminées en marbre blanc et des moulages en plâtre en plafond. Une cave voûtée en brique se situe sous la demeure. Dans la cour se trouve une pompe à bras avec robinet en forme de tête de fauve.


Propriété de la commune, le "Château" a été aménagé en logements depuis 1997.

Le Lavoir

Le parc des Bécauds possède un très joli lavoir du XIXème siècle. Rénové en 2001, les tuiles en écailles de façade ont été façonnées selon les méthodes de l'époque avec de la glaise du village.


Ce bâtiment marque une certaine attention pour le personnel qui lavait le linge. Un aménagement en bois au bord de l'eau permettait un certain confort.

Le plan d'eau permet aux Neuillysois la pêche de loisir mais aussi à tous de profiter d'un lieu calme et ressourçant.

La ferme des Bécauds

La ferme dépend de la propriété et se situe derrière le "Château". Ils sont séparés par un mur et un portail de communication en fer forgé d'époque.   


En plus de la maison de la ferme et des étables, cet ensemble possède un très joli pigeonnier du XIXème siècle. Conçu en brique et pierre, il se situe dans la partie supérieure de la tour qui surmonte la basse-cour. Elle est fermée par un mur en brique de forme semi-circulaire et d'une mare qui servait d'abreuvoir aux animaux.

Georges Gallay

Né au Donjon le 15 juillet 1812, d'une famille de constructeurs de bateaux et marchand de bois, les Gallay étaient originaires des bords de Loire, précisément du village disparu de Cée, entre Luneau et Chassenard.


Georges Gallay termine ses études de Droit à Lyon dans les années 1830. Il fréquente des clubs ou "cafés" dans lesquelles on y discute des idées républicaines. Il anime le Mouvement Démocratique Donjonnais et devient vite un responsable départemental. Ses idées attirent très vite les métayers et les gens de condition modeste de la région.


Dans un premier temps, le 31 juillet 1848, Georges Gallay devient maire du Donjon, où il est alors domicilié. En 1849, il s'installe dans sa nouvelle demeure construite aux Bécauds à Neuilly-en-Donjon, et que tout le monde connait sous le nom de "Château des Bécauds". La même année, il se présente à une élection législative complémentaire mais est battu pour 59 voix, puis à une seconde en 1851.


Le 2 décembre 1851, Louis Napoléon Bonaparte, alors président de le 2ème République, dissout l'Assemblée et organise un Coup d'Etat. La nouvelle étant parvenue au Donjon et dans les autres communes, Georges Gallay réunit les républicians de Neuilly et de Luneau et rejoignent Le Donjon. Il est décidé de marcher de nuit sur Lapalisse, la sous-préfecture. A 7h, 200 à 300 hommes s'y présentent. Les gardes s'enfuient et le sous-préfet est capturé. Une fusillade a lieu contre les gendarmes avec 1 mort et 1 blessé des hommes de l'ordre. Etant donné que le Coup d'Etat a réussi à Paris, et ayant la connaissance qu'un escadron de chasseurs venait de Moulins, les insurgés s'échappent et des dizaines sont arrêtés les jours suivants.


Gallay, muni de faux papiers, prend la direction de la Suisse, mais est arrêté à Nantua (Ain), et ramené à la prison de la Malcoiffée à Moulins. D'abord condamné à la déportation à Lambessa (Algérie), il reste au fort de Toulon (Var), puis est dirigé vers Mont-de-Marsan. En 1857, il est amnistié et regagne Neuilly. Il doit payer de grandes sommes d'argent pour les dégâts de l'insurrection.


A la suite de l'attentat de Napoléon III de 1858 (qui n'avait aucun rapport avec les républicains), il est de nouveau mis en résidence surveillée à Annecy jusqu'en 1863.

La IIIème République est proclamée en 1870. Elu conseiller général pour le canton du Donjon, siège qu'il conservera jusqu'à sa mort, Georges Gallay représente les républicains révolutionnaires aux législatives de 1875 mais est sévèrement battu par le candidat républicain plus modéré Cornil. Pendant cette période, de nombreuses personnalités et amis républicains passent à Neuilly dont surement Victor Hugo.


Le 5 avril 1880, à l'âge de 67 ans, Georges Gallay s'éteint. 3000 personnes assistent à ses obsèques civils. Inhumer dans un premier temps dans le cimetière entourant l'église, il est ensuite inhumé définitivement dans son tombeau au milieu du parc des Bécauds.


Son œuvre en tant que maire fut la modernisation de la commune (amélioration de chemins, construction de ponts, aqueducs), la création d'un bureau de bienfaisance pour les pauvres mais il a surtout œuvré pour l'école publique (construction de l'école, achat de livres et mobilier, création de cours,...) qu'il souhaitait obligatoire pour tous.

Le tombeau en pierre de Georges Gallay

Il se situe au milieu du parc boisé. Le républicain repose au côté de sa seconde compagne, Cécile Menton. On peut apercevoir de la porte leur lit de mort.